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La mélodie du bonheur



Dans le film de Raoul Peck, I am not your Negro, James Baldwin note que deux expériences s’opposent schématiquement dans son pays, deux visions du monde chères à la culture de masse: celle de l’innocence que représentent à merveille les scènes où  Gary Cooper et Doris Day virevoltent sur de la musique sirupeuse dans un décor douillet. Innocence plus fantasmée que réelle bien sûr, mais qui s’accorde parfaitement au mythe de la pureté que l’infantilisme et l’innocence de la culture américaine distille quotidiennement.  Et la figure déformée par la douleur de Ray Charles, qui s’époumone à chanter son blues de music-hall. 

En écoutant l’interprétation de My Favorite Things de John Coltrane (1960), on a l’impression que ce dernier avait compris la même chose que Baldwin en adaptant pour le jazz la chanson d’Oscar Hammerstein et de Richard Rogers. Ce n’est pourtant qu’en 1965 que cette chanson, en français "La mélodie du bonheur", va devenir représentative du fameux film de The Sound of Music (1965), véritable image d’Épinal du bonheur blanc et de sa culture triomphante.


Le cauchemar du bonheur ou la mélodie du cauchemar

Mais à quoi ressemble la mélodie du bonheur aujourd'hui? Que sont devenus nos fantasmes de bien, de plaisir, de vacance, de réussite et de pureté? Cette nouvelle mélodie du bonheur, cette nouvelle vision reste à être décrite et nommée, bien qu'elle s'écrive et s'illustre en ce moment même dans les médias et les réseaux sociaux. Le bonheur tourne au cauchemar: le cauchemar du bonheur. À moins que ce soit la mélodie du cauchemar?

À suivre...

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